Territoria Mutuelle

Territoria
Prévention
Lettre d'information "bien-être au travail" dans les collectivités territoriales

sept 2017
N°2

 

EDITO
La prévention primordiale : pourquoi ?

Albert CAMUS disait que « mal nommer, c’est rajouter à la misère du monde ». A première vue, la prévention ne traite rien que du fâcheux : maladies, accidents, mal être au travail et autres risques psychosociaux…Ah si l’on pouvait prévenir du bonheur, apprendre à en guetter les instants, à en découvrir le processus en interaction avec l’environnement.

Le terme de prévention possède un lourd héritage que transcrivent bien les définitions des dictionnaires.

Mêlant modèle moral et juridique, le terme de prévention s’impose pour définir notre champ d’action en ayant du mal à se démarquer de l’approche purement médicale.

Et nous voilà compartimentés en prévention primaire, secondaire et tertiaire avec les confusions qui en découlent.

La caricature est facile, certes, mais cette représentation de la prévention et les malentendus qui en découlent se reflètent au fil du temps dans les demandes adressées aux managers . On leur demande pèle mêle de prévenir les RPS et les maladies longues et si possible le désengagement ordinaire…….tout en respectant les objectifs de qualité de service. Les dimensions primaire, secondaire et tertiaire de la prévention sont alors trop souvent entremêlées dans une grande confusion.

Bien souvent, la peur du danger immédiat pousse les organisations à faire appel à des interventions dans l’urgence. Ce sont les assistances en prévention tertiaire qui peuvent soigner, mais ne guérissent pas. Dans ce cadre, la prévention se limite à une simple mise en lumière des dangers de certaines pratiques, à l’édiction d’un code général des bonnes et des mauvaises attitudes à observer par les managers. Dans la plupart des situations, ce n’est évidemment pas suffisant pour guérir durablement.

 

En tant que spécialiste en prévention au service et aux côtés des employeurs se pose alors la question de savoir quelle peut être la plus value de Territoria Mutuelle ? Voici donc notre proposition:

Le plus en amont possible et avec l’aide des « datas » intelligentes disponibles dans chaque collectivité, nous souhaitons  favoriser une prise de conscience et une clarification des responsabilités et des représentations de chacun afin d’améliorer le dialogue social « employeur/employés » autour des questions de santé globale physique, mentale et sociale des agents. La prévention « primordiale » se vit au quotidien, intégrée à la vie  sociale et professionnelle : au travail, chacun d’entre nous est à la fois la personne mais aussi  travailleur et  professionnel; la prise en compte de ces 3 dimensions par l’environnement global de travail est donc déterminante sur le niveau d’engagement ou de désengagement de chaque agent.

Ici, il n‘est pas inutile de rappeler que le niveau d’engagement ou de désengagement est le symptôme essentiel pour mesurer la santé des agents mais aussi  celle de la collectivité. Et c’est une évidence de rappeler le lien de causalité directe entre santé de la collectivité et niveau de qualité des services rendus.

C’est pourquoi, contrairement à d’autres acteurs du marché de la prévoyance, Territoria Mutuelle est clairement  favorable aux conventions de participation  . La convention de participation permet tout au long du contrat d’avoir un véritable espace de concertation avec les partenaires sociaux et une appropriation réelle des enjeux de prévention, afin de les mobiliser sur une nouvelle ambition de « santé sociale ».

Pour toutes ces raisons, nous avons choisi de dédier cette seconde lettre d’information à la Prévention Primordiale©

Pour les prochaines lettres, nous réaliserons une interview avec des acteurs dirigeants des collectivités sur la thématique de la protection sociale et de la prévention en santé

ROBERT CHICHE

PRÉSIDENT DE TERRITORIA MUTUELLE

Sommaire

Bonne lecture

LA PREVENTION PRIMORDIALE : de quoi parle-t-on ?

PILOTER EN CONTINU LA SANTÉ SOCIALE

La Prévention Primordiale©, une initiative responsable des collectivités locales, qui  décident d’investir sur la santé

LA QUALITE DE VIE AU TRAVAIL
Quel cadre d'analyse pour améliorer l'engagement via la qualité de vie au travail ?

La définition d'un cadre d'analyse

La Qualité de Vie au Travail est analysée à partir de la triple représentation sociale suivante , sachant qu’au travail nous sommes :

  • Un TRAVAILLEUR, qui veut pouvoir bien faire son travail et se sentir UTILE
  • Un PROFESSIONNEL qui veut bien vivre son métier et être COMPÉTENT
  • Une PERSONNE qui veut bien être et APPARTENIR à son organisation, garder un ÉQUILIBRE de vies professionnelle et personnelle.

QUELS INSTRUMENTS DE MESURE ?

L'analyse des données sociodémographiques

La prévention primordiale par l’analyse des données sociodémographiques donne un éclairage quantitatif sur les indicateurs de non disponibilité et de désengagement sur

des classes fines comme : l’âge, le genre, l’ancienneté, le métier, les catégories socio-professionnelles (A/B/C).

Les baromètres sociaux par ailleurs permettent de collecter les attentes et perceptions déclarées sur différents champs de questionnement de la QVT, pour in fine aboutir à une analyse croisée quantitative* et qualitative permettant d’orienter vers les priorités nécessaires au plan d’actions de prévention primaire qui est du ressort de l’employeur.

*L’IBET, L’Indice de Bien-Être au Travail permet de détecter les signaux faibles de désengagements réciproques à partir des datas sociales propres à chaque collectivité et se mesure sur la base des indicateurs suivants

LE BONHEUR AU TRAVAIL

Bonheur au Travail : Une escroquerie ? Une dangereuse confusion des genres?

Ces derniers temps, on entend souvent parler de bonheur au travail. Pour nous, il s’agit

d’une confusion des genres, entre sphère privée et sphère professionnelle reposant

sur un contrat « malhonnête » entre le manager et son collaborateur. L’objectif d’un

manager n’est pas le bonheur personnel et intime de ses collaborateurs.

 

Ce n’est pas sa mission, ce n’est pas sa légitimité. Réduire le bonheur des collaborateurs au seul champ du travail reviendrait à considérer que la source du bonheur découlerait principalement de la sphère professionnelle niant de fait que seul un projet de vie global et équilibré peut créer les conditions du bonheur.

C’est l’erreur de bon nombre d’organisations qui, voyant le bonheur des collaborateurs comme un saint-graal, nomment même des « Chief Happiness Officer » dévoués à la communication sur cette « quête ».

Le rôle du manager est de veiller au bien-être de ses collaborateurs au travail pour qu’ils prennent du plaisir dans la réalisation de leur métier dans le respect de leur vie personnelle. C’est la responsabilité sociale du manageur et c’est déjà beaucoup! Et c’est suffisant! Les collaborateurs n’en demandent pas plus.

AFFAIRE À SUIVRE
Un livre blanc sur la protection sociale des agents ?

Ça va bientôt sortir : Un livre blanc sur la protection sociale des agents ?

Suite à la publication du rapport du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT) sur les effets du décret de novembre 2011.

Robert Chiche juge difficile qu’une loi impose aux employeurs de la FPT un cadre rigide sur la protection sociale de leurs agents. En revanche, il propose, sous l’égide du CSFPT, l’organisation d’une table ronde dans le but d’écrire un cadre national de référence co-construit par les partenaires sociaux et les professionnels de la protection sociale.

Philippe Laurent, Président du Conseil Supérieur a répondu favorablement à cette demande estimant qu’il y a une prise de conscience de l’importance du capital humain dans la FPT: « Le décret de 2011 ouvre la possibilité pour les employeurs publics de participer à la cotisation, mais le débat sur l’obligation de participer reviendra forcément »

Agenda

A NOTER DANS VOS AGENDAS
6 décembre 2017 : conférence du pôle Fonction Publique d ’AG2R LA MONDIALE

Quelles missions pour quels acteurs ?

Devant  une remise en cause de sa  légitimité, le secteur public doit affronter  de nouveaux défis , adopter de nouveaux modes d’action,  interroger les méthodes de management de ses organisations , et initier de nouveaux comportements vers un management durable.

Dans ce contexte, on assiste à une crise de l’engagement et de la  motivation des agents publics, face aux nouveaux comportements de ces agents envers leurs métiers et carrières, comment la fonction Publique peut-elle développer et valoriser le patrimoine humain que sont les hommes et les femmes qui les composent et les animent ?

Comment s’inscrire dans une démarche durable, tout en répondant à une demande à court terme ? Dans quelles conditions la fonction publique peut-elle éviter les désengagements qui se profilent ?

Quels acteurs et quelles complémentarités entre eux ?

Quelle place pour les organismes de la protection sociale complémentaire dans ce schéma ?  Comment répondre à cette situation qui ne se réglera pas forcément par une réponse financière, mais plus par un accompagnement ?

Pour vous inscrire rendez vous sur le site
www.fonctionspubliques.ag2rlamondiale.fr

COMITÉ DE REDACTION

Directeur de la publication : Robert Chiche

Comité de rédaction : Patrick Lecomte, Victor Waknine, Bruno Delprat

Conception-impression : Territoria Mutuelle

Crédits photos : Territoria Mutuelle